Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne disent rien, et ils n'espèrent rien. Mais du moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que bête, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit.

Octave Mirbeau, La grève des électeurs (1888)

H. Krazucki ancien secrétaire général de la CGT

Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse :
renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasemen
t.


Mikis Théodorakis

"Si les peuples d’Europe ne se lèvent pas, les banques ramèneront le fascisme"

Seul les poissons morts vont dans le sens du courants ...

Jean Jacques Rousseau :

« Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi » et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile… Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne…Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres… De là commencèrent à naître la domination et la servitude »

Jean Jaurès

«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots»

Maximilien Robespierre, 1789

" Nul n'a le droit d'entasser des monceaux de blé
à côté de son voisin qui meurt de faim".



RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE

RÉSISTER,LUTTER , CONSTRUIRE
Les générations futures ne nous pardonneront pas d'avoir laisser faire

Un blog pour une idée

Une idée maitresse me guide pour construire ce blog : mettre l'Homme au centre de toutes les préoccupations, reconquérir la dignité perdue, travailler pour un monde Humain, au delà de toutes considérations tendancieuses, pour moi seul compte ,l'humanisme , le combat contre l'exploitation de l'homme par l'homme pour le profit ,une priorité absolue ; pour moi et tous ceux qui luttent, l'être humain et son environnement sont le socle de toutes revendications,
L' Homme doit être le but et l'argent l'accessoire d'échange et rien d'autre
"la terre nous l'empruntons à nos enfants ,nous ne l'héritons pas de nos parents"
Afin d'éviter des attaques au dessous de la ceinture par des gens dont le seul but est d'exister en supprimant les autres, je me vois obliger de mettre en place une modération des commentaires: bien sur il ne s'agit pas de supprimer le débat démocratique , mais il est ors de question de salir les gens pour le plaisir de faire du mal , simplement parce que l'on critique l'action du pouvoir de l'argent , ceux qui respecteront l'être humains continueront comme par le passé à s'exprimer .
Et oui l’extrême droite a pris des ailes et ce blog n'est pas à son service , soyez tous sur vos gardes et prenez garde à vous

Geronimo sur son lit de mort ; d'une terrible actualité

Quand le dernier arbre aura été abattu,
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée,
Quand le dernier poisson aura été péché,
Alors, on saura que l’argent ne se mange pas.


Hugo Chavez.

"Si le climat était une banque, les pays riches l’auraient déjà sauvé"

Préambule du texte de la Constitution de l'OIT, Organisation internationale du Travail,1919

"une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale"

mardi 6 décembre 2016

Ce qui a été omis à la mort de Fidel Castro », par Noam Chomsky

Le linguiste et philosophe Noam Chomsky, figure majeure du paysage intellectuel états-unien, nous a livré ses réflexions exclusives après la mort de Fidel Castro à l'occasion d'une rencontre dans les locaux de « l'Humanité » et de « l'Humanité Dimanche ».
« Les réactions à la mort de Fidel Castro diffèrent selon l'endroit du monde où vous vous trouvez. Par exemple, en Haïti ou en Afrique du Sud, c'était une figure très respectée, une icône, et sa disparition a suscité une grande émotion.
« Aux États-Unis, l'ambiance générale a été résumée par le premier titre du "New York Times", lequel indiquait en substance : "Le dictateur cubain est mort". Par curiosité, j'ai jeté un oeil aux archives de ce journal pour voir combien de fois ils avaient qualifié le roi d'Arabie saoudite de "dictateur". Sans surprise, il n'y avait aucune occurrence...
« Il y a également un silence absolu sur le rôle joué par les États-Unis à Cuba, la manière dont Washington a oeuvré pour nuire aux velléités d'indépendance de l'île et à son développement, dès la révolution survenue en janvier 1959. L'administration Eisenhower a tenté de renverser Castro, puis, sous celle de Kennedy, il y a eu l'invasion manquée de la baie des Cochons, suivie d'une campagne terroriste majeure.
« Des centaines, voire des milliers de personnes ont été assassinées avec la complicité de l'administration américaine et une guerre économique d'une sauvagerie extrême a été déclarée contre le régime de Fidel Castro. Cette opération, baptisée opération "Mangouste", a culminé en octobre 1962 et devait aboutir à un soulèvement à Cuba auquel Washington aurait apporté son appui.
« Mais en octobre 1962, Khrouchtchev a installé des missiles à Cuba, sans doute en partie pour contrecarrer l'opération "Mangouste" mais aussi pour compenser l'avantage militaire dont disposait l'armée américaine dans la guerre froide, conséquence du refus par Washington de l'offre de désarmement mutuel émise par Moscou. Ce fut sans doute le moment le plus dangereux de l'histoire de l'humanité.
« Personne ne se demande pourquoi Mandela, à peine libéré de prison, a rendu hommage à Fidel Castro.
« Dès la fin de la crise des missiles, Kennedy a relancé les opérations terroristes contre Cuba ainsi que la guerre économique, ce qui a eu des implications majeures sur les capacités de développement de Cuba.
« Imaginez ce que serait la situation aux États-Unis si, dans la foulée de son indépendance, une superpuissance avait infligé pareil traitement : jamais des institutions démocratiques n'auraient pu y prospérer.
« Tout cela a été omis lors de l'annonce de la mort de Fidel Castro. Autres omissions : pourquoi une personnalité aussi respectée que Nelson Mandela, à peine libérée de prison, a-t-elle rendu hommage à Fidel Castro en le remerciant de son aide pour la libération de son pays du joug de l'apartheid ? 
« Pourquoi La Havane a-t-elle envoyé tant de médecins au chevet d'Haïti après le séisme de 2010 ?
« Le rayonnement et l'activisme international de cette petite île ont été stupéfiants, notamment lorsque l'Afrique du Sud a envahi l'Angola avec le soutien des États-Unis. Les soldats cubains y ont combattu les troupes de Pretoria quand les États-Unis faisaient partie des derniers pays au monde à soutenir l'apartheid.
« Sur le plan interne, à Cuba, il y avait certes une combinaison de répression, de violations des droits de l'homme, mais à quels niveaux ces abus étaient-ils liés aux attaques répétées venues de l'extérieur ? Il est difficile d'avoir un jugement clair sur cette question. Il faut également noter que le système de santé à Cuba s'est imposé comme l'un des plus efficaces de la planète, bien supérieur, par exemple, à celui que nous avons aux États-Unis.
« Et concernant les violations des droits de l'homme, ce qui s'y est produit de pire ces quinze dernières années a eu lieu à Guantanamo, dans la partie de l'île occupée par l'armée américaine, qui y a torturé des centaines de personnes dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme". »
Cette entrevue fait partie d’un dossier de 28 pages paru dans « l’Humanité Dimanche » ( édition du 1er au 14 décembre 2016 ) à l’occasion du décès de Fidel Castro.

samedi 26 novembre 2016

Fidel Castro est mort , un des derniers géants de l'Histoire du 20eme siècle s'est endormi pour toujours . Mais le combat continue ...


Hommage à un authentique révolutionnaire d’abord!

Solidarité avec le peuple cubain et tous les peuples en lutte de part le monde ensuite.
Tristesse, aussi, mais dégout devant cette caste de larbins de la dictature de l’argent celle des Bolloré, des Dassault, des Minc,des Drahi ou autres qui légitiment un système,où se soigner devient un privilège, où des gens meurent encore de faim, où la police terrorise au quotidien le peuple des banlieues et chasse les enfants réfugiés.Ces mêmes qui préparent l’opinion à la destruction totale des acquis de la Résistance et des droits sociaux.
Oui dégout et profond mépris envers eux car ils n’ont pas un soupçon d’honnêteté pour dire que Cuba est un des rarisimes pays au monde où l’on ne meurt pas de faim et où une médecine de pointe est à la portée de tous.
Ils ne savent que distiller le venin de la bourgeoisie celle qui aujourd’hui encore soutien la politique coloniale de l’Etat d’Israel et n’a pas pardonné aux peuples de s’être libérés de l’oppression coloniale.
Lorsqu’ils évoquent l’Algérie, le Vietnam et Cuba ils n’arrivent pas à cacher leur haine, et leur secrete crainte que la voie de la libération qu’ont tracée ces peuples deviennent une réalité pour toute la planète.
Fidel , toute sa vie durant a été un artisan majeur de cette voie de la libération.
Aujourd’hui ce qui domine partout de Beaumont sur Oise à Gaza, pour moi, c’est l’Espoir qu’il nous transmet et qui n’est pas mort.
"Créer deux, trois, de nombreux Vietnam, voilà le mot d’ordre » disait son compagnon de lutte, Ernesto Che Guevara, plus que jamais.
Merci à eux, votre lutte continue.
Honneur à la mémoire de Fidel Castro!


Jean Asselmeyer

lundi 21 novembre 2016

La vérité sur le Venezuela



En raison des fabuleux trésors de son sous-sol, en particulier les hydrocarbures, le Venezuela est un pays très riche. Mais presque toutes ses richesses ont été accaparées pendant plus d’un siècle par les élites dirigeantes et des entreprises multinationales. Jusqu’à l’élection d’Hugo Chavez, en 1999, le peuple n’en recevait que des miettes. Plus de la moitié des Vénézuéliens vivaient sous le seuil de pauvreté (70,8% en 1996).



La révolution bolivarienne a placé la volonté politique au poste de commande. Grâce à l’implication populaire, elle a permis à l’Etat de se réapproprier les secteurs stratégiques de l’économie, recouvrer la souveraineté nationale et procéder à une redistribution de la richesse au profit des services publics et de tous les laissés-pour-compte.
Politiques sociales, investissements publics, nationalisations, réforme agraire, plein emploi, salaire minimum, impératifs écologiques, accès au logement, droit à la santé, à l’éducation, à la retraite... Le chavisme s’est attaché à la construction d’un État moderne. Il a mis sur pied une ambitieuse politique d’aménagement du territoire : routes, chemins de fer, ports, barrages, gazoducs, oléoducs.
En matière de politique étrangère, Caracas a misé sur l’intégration latino-américaine et privilégié les axes Sud-Sud, tout en imposant aux États-Unis des relations fondées sur le respect mutuel... Un tel ouragan de changements a complètement chamboulé les structures traditionnelles de pouvoir au Venezuela et entrainé la refondation d’une société jusqu’alors hiérarchique, verticale, élitaire. Cela ne pouvait valoir à la révolution bolivarienne que la haine des classes dominantes, convaincues d’être les propriétaires légitimes du pays.
Les campagnes de dénigrement se poursuivent aujourd’hui contre le président Nicolas Maduro. Certains secteurs politiques et médiatiques européens les reprennent en chœur. Mais les faits sont têtus. A-t-on déjà vu un « régime dictatorial » élargir le périmètre de la démocratie au lieu de le restreindre ? Et donner le droit de vote à des millions de personnes dépourvues jusque là de carte d’électeur ? Les élections au Venezuela n’avaient lieu que tous les quatre ans, le chavisme en a organisé plus d’une par an (19 en 17 ans). Dans des conditions de légalité démocratique reconnues par l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Union européenne, l’Organisation des États américains (OEA), le Centre Carter, etc.

Chavez a toujours affirmé qu’on pouvait construire le socialisme dans la liberté et la démocratie. Il a d’ailleurs prouvé son respect du verdict populaire en renonçant à une réforme constitutionnelle refusée par les électeurs lors d’un référendum en 2007. Ce n’est pas un hasard si la Foundation for Democratic Advancement (FDA), du Canada, a situé le Venezuela en tête du classement des pays « qui respectent la justice électorale ».
Le gouvernement de Nicolas Maduro consacre 43,2% du budget aux politiques sociales. Résultat : malgré la guerre économique, le taux de mortalité infantile a été divisé par deux. L’analphabétisme éradiqué. Plus d’un million de logements ont été construits. Le nombre de professeurs des écoles a été multiplié par cinq (de 65 000 à 350 000). Le pays détient le coefficient de Gini (qui mesure les inégalités) le plus performant d’Amérique latine. Dans un récent rapport, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC, un organisme de l’ONU) établit que le Venezuela est le pays sud-américain - avec l’Équateur -, qui a le plus réduit le taux de pauvreté.
Le plus scandaleux, dans l’actuelle campagne de diffamation, c’est de prétendre que la liberté d’expression serait bridée au Venezuela. La vérité c’est que le secteur privé, hostile au président Maduro, y contrôle largement les médias. Chacun peut le vérifier. Sur 111 chaînes de télévision, 61 sont privées, 37 communautaires et seulement 13 publiques. Avec cette particularité que la part d’audience des chaînes publiques n’est que de 5,4%, celle des privées dépassant les 61%... Même chose pour la radio. Et 80% des journaux de la presse écrite sont contrôlés par l’opposition.
Tout est, certes, loin d’être parfait dans le Venezuela bolivarien. Mais rien ne justifie ces campagnes de mensonges, de violence et de haine.
Ignacio RAMONET
Ancien Directeur du Monde Diplomatique, Président de l’Association Mémoire de luttes.
EN COMPLEMENT : 
L’intrigue du polar "Rouges, les collines de Caracas" prend pour décor le Venezuela de Chavez, vu sur place par l’auteur et très différent du Venezuela de nos médias. Le livre se termine par un article du Los Angeles Times qu’aucun organe de presse français n’aurait osé publier tant il contredit la voix des oligarchies plus états-uniennes que leurs homologues des Etats-Unis d’Amérique.

lundi 10 octobre 2016

Le Nobel de chimie 2016 Jean-Pierre Sauvage avait tout faux....selon la logique ultra-libérale



Jean-Pierre Sauvage
L‘attribution du prix Nobel de chimie 2016 à un trio comprenant Jean-Pierre Sauvage a déclenché l’habituel flot de félicitations des responsables politiques.Président de la République, ou espérant l’être un jour, ministres en activité, ou espérant l’être un jour… tous y vont de leur cocorico. Mais la bonne question est : faut-il les féliciter, eux ? Conduisent-ils, aujourd’hui, des politiques pour l’enseignement supérieur et la recherche permettant d’espérer de futurs Nobel ?
La carrière de Jean-Pierre Sauvage permet de répondre. Par la négative. En résumé, pour avoir le Nobel, il faut faire le contraire de tout ce que préconisent les gouvernants : instabilité professionnelle, précarité sociale, bougeotte disciplinaire et géographique, recherche des sujets à la mode qui donnent rapidement des résultats prévus à l’avance dans des demandes de financements auprès d’Agences qui mettent en compétition les chercheurs. Une politique de gribouille, où l’emphase permanente du discours (le mot « excellence » mis à toutes les sauces) cache mal une décision politique majeure : ne plus augmenter l’effort de recherche public, le réorienter en diminuant les efforts de la recherche de base, précariser le plus possible les personnels (chercheurs, ingénieurs, techniciens). Si cette politique s’est heurtée à de nombreuses actions depuis 2007 (mouvements sociaux, associations SLR, SLU, cris d’alarme de scientifiques de renom…) et a donc été freinée, ses dégâts sont patents.
Le chercheur fonctionnaire type…
Jean-Pierre Sauvage a donc tout faux, au regard du cours actuel de la politique de recherche et de la novlangue qui sévit rue Descartes, où siège le ministère en charge de l’Enseignement supérieur et de la recherche, comme d’ailleurs d’autres prix Nobel, montrent ceux de Claude Cohen-Tannoudji et Serge Haroche. Il fit pratiquement toute sa carrière au même endroit (Strasbourg) sur le même sujet (qui, bien sûr, évolua), dans le même organisme de recherche, le CNRS. Formé à l’Ecole nationale supérieure de chimie de Strasbourg, c’est donc un ingénieur de formation, typique des grandes écoles à la française. Sauf qu’il ne s’arrête pas là, comme l’écrasante majorité de nos ingénieurs – selon le modèle que nos élites soutiennent toujours (et à la différence de nos voisins allemands soucieux d’avoir des ingénieurs frottés à la recherche). Il passe donc sa thèse en 1971 sous la direction de Jean-Marie Lehn, autre spécialiste de chimie macromoléculaire, à l’université de la même ville.
Thèse brillante, il entre donc directement au CNRS l’année de sa thèse, en 1971 (un truc dont plus personne ne rêve dans les labos où passer sa thèse signifie démarrer une phase de CDD) et y reste jusqu’en 2009 (retraite, mais il continue de travailler comme « émérite »). Il représente donc le type même du chercheur « fonctionnaire » (en fait seulement depuis 1982) qui, selon Nicolas Sarkozy lors d’un discours célèbre le 22 janvier 2009, viendrait au labo parce que « c’est chauffé et il y a de la lumière ».  Or, c’est justement ce statut qui permet aux scientifiques recrutés sur concours, largement ouvert à l’international aujourd’hui, de se consacrer entièrement à leur sujet de recherche. Tout en tissant des liens avec leurs pairs-concurrents-collaborateurs dans le monde et avec les universitaires, doctorants et autres personnels des laboratoires (aujourd’hui tous « mixtes » entre organismes de recherche et universités).
C’est donc en ayant « tout faux » au regard des responsables politiques tous formés à Sciences-Po – Ena et complètement étrangers au monde de la science et des laboratoires, que Jean-Pierre Sauvage construit une carrière qui, en creusant profond un même sillon, débouche sur des avancées scientifiques majeures.
L’agence de l’excellence
Dès 1983, il propose une stratégie pour synthétiser des molécules attachées entre elles comme les maillons d’une chaîne mécanique, objectif qui semblait à l’époque inatteignable. Il pose ainsi les bases d’une démarche d’investigation et d’invention (les molécules produites sont artificielles) dont la fécondité résulte justement de sa difficulté. Il y avait très loin, alors, de ces premières avancées aux « machines moléculaires » d’aujourd’hui.
Les pairs de Jean-Pierre Sauvage ont vite repéré ses compétences puisque dès 1978, le CNRS lui donne sa médaille de bronze (elle signale un jeune plein d’avenir), puis dès 1988 sa médaille d’argent (signalant la reconnaissance internationale), denombreux autres prix viendront ensuite, ainsi que son arrivée à l’Académie des sciences. Le CNRS n’aura pas la bonne idée de lui donner sa médaille d’or, mais le nomme dès 1979 directeur de recherche. La Société chimique de France a eu du nez en mettant en avant Jean-Pierre Sauvage dans son numéro d’avril 2016 de l’Actualité chimique.
Il est piquant de rapprocher ce prix Nobel du pastiche de l’Agence nationale de la recherche réalisé par les militants de l’association Sciences en marche. En créant le site Web de l‘Agence nationale de l’excellence scientifique, ils ne proposent pas seulement une bonne tranche de rire (jaune) aux universitaires, chercheurs, ingénieurs, doctorants et aux milliers de CDD qui peuplent les labos de France. Alors que le quinquennat de François Hollande n’a pas rompu avec la vague de reformes lancées par Nicolas Sarkozy, le bilan de cette politique reste à faire. Les milliers d’heures gâchées par les universitaires et les chercheurs des organismes dans le montage des nouveaux mécanos et dans les réponses (et les évaluations) des appels d’offres ont été soustraites à l’activité réelle de recherche et d’enseignement. Le grand œuvre de Sarkozy, repris par François Hollande, devait être le campus de Paris-Saclay. Il patine, l’Ecole polytechnique continue de vouloir faire bande à part, et le plus gros acteur, l’université Paris-Sud Orsay est toujours traitée comme un partenaire mineur par le gouvernement. La réorganisation nécessaire de l’offre d’enseignement supérieur et de l’activité de recherche en Île-de-France est toujours sans pilote dans l’avion. Un astrophysicien spécule sur l’avancée dans le classement de Shanghaï que représenteraient des fusions d’universités… mais qui s’intéresse vraiment à ce classement à part des responsables politiques qui n’en comprennent pas le sens ? Monter dans ce classement sans avoir produit un résultat de recherche de plus, ni formé un étudiant de plus, est-ce vraiment un bon signe pour le dit classement et son utilité ?
Pendant ce temps, les êtres humains raisonnables espèrent que sciences et technologies les aideront à limiter le changement climatique en utilisant moins d’énergies fossiles, de produire notre nourriture sans tuer les sols et massacrer les insectes, de fournir à tous moyens de vie et activités… autant d’objectifs que les savoirs et technologies actuelles ne permettent pas d’atteindre. Un peu moins « d’excellence » et un peu plus de contenus ne feraient donc pas de mal à nos politiques de formations supérieure et de recherche.

vendredi 30 septembre 2016

Les mineurs de 1948 ont retrouvé leurs grades militaires plus de soixante après en avoir été spoliés pour fait de grève " Quand ça veut lutter un homme, ça peut lutter"

Photo AFP
Les mineurs de 1948 ont retrouvé leurs grades militaires plus de soixante après en avoir été spoliés pour fait de grève.
C’est Christiane Taubira qui a ouvert la cérémonie. « Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers… », citant Jean Ferrat, Louis Aragon, Paul Eluard, l’ancienne Garde des Sceaux a rendu hommage aux mineurs grévistes de 1948, chargés par les CRS, spoliés de leurs droits, dégradés militairement, et à leurs femmes elles-aussi victimes. « Quand ça veut lutter un homme, ça peut lutter » a-t-elle conclu en regardant tête haute François Hollande.
 
C’est le président de la République qui a « souhaité que cette cérémonie soit ouverte par Christiane Taubira ». C’est bien elle qui a relancé le début de la réhabilitation des mineurs alors que la cour de cassation s’était prononcée contre leurs indemnisations aux Prud’hommes, bloquant une procédure entamée en 2007. Fin 2014, la ministre de la justice introduisait dans la loi de finances une indemnisation forfaitaire des mineurs et leurs ayant-droit, affirmant que « La République française reconnaît le caractère discriminatoire et abusif du licenciement pour faits de grève des mineurs grévistes en 1948 et 1952 ». A ce jour 33 dossiers ont été indemnisés et 1 million 460 000 euros versés par l’Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs (ANGDM). Bien peu par rapport aux 1342 condamnés à la prison ferme en 1948. Et des sommes bien faibles (30 000 euros pour les mineurs, 5000 euros pour leurs enfants) pour ceux qui ont tout perdu après avoir été licencié : le logement, le chauffage, le médecin gratuit, les bourses d’étude pour les enfants, la retraite, le salaire…
 
« Les salariés d’Air France ne sont pas des voyous. Les travailleurs perdent les pédales lorsque toute une vie va être brisée. C’est rien comme violence d’arracher une chemise à côté de celle qui peut arracher toute une vie » Norbert Gilmez
 
Mais ce mercredi, sous les ors de l’Elysée, une nouvelle injustice a été réparée avec la récupération des grades militaires des mineurs grévistes. « Jamais je n’avais eu à réaliser cette acte : la réintégration ». François Hollande a restitué titres et grades militaires à quatre gueules noires, à titre posthume, évoquant « quatre destins qui avaient pu être brisés et qui ici retrouvent l'honneur ». « C’est un message d’espoir (…) pour ceux frappés de décisions arbitraires et injustes » a assuré le président de la République, qui a ensuite embrassé tour à tour chaque descendant de mineur. « Je ne peux être qu’ému, a réagit Pierre Rebouillait, fils de François Rebouillat qui retrouvait enfin son titre de caporal. C’est une reconnaissance merveilleuse de remettre mon père dans son grade. » Nombreux ont été ces mineurs, fiers d’avoir fait grève pour sauvegarder leurs salaires et leur statut, mais honteux d’avoir été dégradés et qui turent cette infamie à leur famille. Ainsi Norbert Gilmez, employé de bureau dans les Houillères en 1948 et gréviste, travailla 20 ans avec Aimable Duhamel et « jamais il ne me l’avait dit ». « Et pour le docteur Versquel, je n’ai appris qu’en 1978 qu’il avait été dégradé et radié un an de l’ordre des médecins . » Tous deux ont retrouvé ce mercredi 28 septembre 2016 leur honneur. Mais la lutte n’est pas terminée. Pour Norbert Gilmez, vaillant combattant pour la réhabilitation des mineurs, il reste encore des indemnités à obtenir : « Il faut faire appliquer la deuxième partie de l’article de loi de Madame Taubira, en reconstituant les carrières et en incluant la perte du chauffage, du logement, du salaire, de la retraite complémentaire que j’aurais dû avoir ». Et tout simplement, debout sur l’estrade, aux côtés de ses camarades recevant médailles, il n’a pu s’empêcher d’en glisser un mot au chef de l’Etat. L’histoire des mineurs de 1948 n’est pas finie.

Kareen Janselme , l'humanité .fr

 

vendredi 23 septembre 2016

"La Compagnie Jolie Môme, des alliés de Daech ?"Après Aurillac 2016 Voici le droit de réponse de belle compagnie

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Après Aurillac, la Compagnie Jolie Môme a choisi de faire usage de son droit de réponse en adressant un courrier à l’Union du cantal, journal régional, ainsi qu’à un certain nombre d’élus locaux, au sujet du dernier festival 2016.
Aurillac, est pour nous, depuis 25 ans un formidable rendez-vous avec le public du Cantal, ou d’ailleurs, souvent jeune, curieux… C’est notre plaisir de fin de saison.
Mais cette année flottait un air sécuritaire sur cet événement dont nous aimons pourtant la liberté et l’humanité. Cette liberté, nous la poussons chaque année jusqu’à rester en marge du festival « Off ».
Comme nous vous l’expliquions dans un précédent article, à la suite du rassemblement contre les fouilles, les contrôles et l’état d’urgence organisé lors du dernier Festival des Arts de la Rue d’Aurillac, des violences ont eu lieu… Et « certains responsables locaux ont cru bon d’invoquer un complot… auquel nous serions mêlés ».
Tout en sous-entendus, ces « responsables politiques » évitaient soigneusement de prononcer le nom de notre Compagnie. Mais quelle ne fut pas notre surprise à notre retour de vacances de voir citée la Compagnie Jolie Môme dans un article de l’Union du Cantal. Le journal reprenait la voix des édiles et leurs attaques sur notre travail et notre engagement, allant jusqu’à laisser entendre que nous serions des « alliés de Daech » !
Nous avons alors décidé d’user de notre droit de réponse. Voici la lettre que nous avons envoyée en recommandé au directeur de la publication de l’Union du Cantal :
Monsieur le directeur de la publication,
Conformément à l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse, nous souhaitons exercer notre droit de réponse à l’article « Il n’y avait pas que des anges à Aurillac  » paru dans l’édition du 24-27 août de l’Union du Cantal, qui porte un grave préjudice à la Compagnie Jolie Môme. Nous vous demandons par conséquent d’insérer dans vos colonnes le texte suivant « à la même place et en mêmes caractères » que l’article sus-mentionné.
DROIT DE RÉPONSE
Une troupe de théâtre « qui pose problème depuis de nombreuses années » – « une troupe qui n’honore pas le monde culturel » – « Il n’y a pas meilleur allié de Daech  ». Ces jugements sur la Compagnie Jolie Môme publiés dans l’édition du 24-27 août de l’Union du Cantal n’émanent pas d’un critique de théâtre mais du Maire d’Aurillac, M. Pierre Mathonier, de M. Jacques Mézard, sénateur ainsi que du préfet du Cantal, M. Richard Vignon, dont on ignorait qu’ils fussent aussi arbitres de l’honorabilité culturelle et stratèges de la sphère moyen-orientale. Leurs propos sont relayés sans souci d’équilibre par la journaliste Patricia Oliveri dans un article titré « Il n’y avait pas que des anges à Aurillac » consacré aux suites d’une manifestation contre la mise en cage du festival survenue le 19 août dernier.
Contrairement aux règles du métier de journaliste, Mme Oliveri n’a pas cherché à joindre la Compagnie Jolie Môme pour équilibrer le récit des autorités. Les accusations sans fondement et le caractère fantaisiste des analyses géopolitiques développées par M. Vignon, pourtant représentant de l’État dans le département, auraient pu l’inciter à prendre du recul : « En s’attaquant au dispositif de protection Vigipirate alors que l’état d’urgence est décrété, on touche à quelque chose d’extrêmement grave. Il n’y a pas de meilleur allié de Daech«  , a affiché Richard Vignon.
La Compagnie Jolie Môme tient à informer les lecteurs et lectrices de l’Union du Cantal de sa réaction à cet article : en effet, Monsieur le Maire, Monsieur le Sénateur, la rue c’est aussi et surtout la contre-culture. Seules les dictatures ont pu censurer l’expression culturelle et faire taire des artistes.
Oui, des chanteurs de rue peuvent se transformer en colporteurs d’informations (cf par exemple le film Molière d’Ariane Mnouchkine).
Cela dit, rassurez-vous, nos voix sont bien faibles comparées aux milliardaires, propriétaires de la presse et des médias (Dassault, Bolloré , Drahi…) qui semblent être l’honneur de votre démocratie et par là-même les garants de la pluralité de l’opinion régnant dans notre pays.
Oui, en effet, à la demande de spectateurs, nous avons relayé l’information concernant un rassemblement contre la « mise en cage » du « Festival des luttes » (sic), en insistant pour notre part sur l’absurdité de l’état d’urgence dans lequel nous sommes englués jusqu’au cou.
En outre, la Compagnie Jolie Môme n’était ni l’initiatrice, ni unanimement convaincue de la pertinence de ce rassemblement.
Et pourtant, nous vous assurons qu’aucun d’entre nous ne chantera jamais la Marseillaise à vos cotés d’autant plus que l’État Français continue de participer au partage du monde en Afrique, au Moyen-Orient ou ailleurs, battant ainsi tous ses records de vente d’armes.
Et oui, nous sommes bien conscients, Messieurs, que comme tout un chacun, nous pouvons être victimes collatérales des guerres que l’État que vous servez mène avec zèle.
Pourtant, nous sommes convaincus, à l’instar de Benjamin Franklin (1788) qu’Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre et finit par perdre les deux.